"Bonne continuation l'Etoile de Rabat Chaine Inter"
Après cette introduction, si vous êtes curieux à savoir plus sur cette grande personnalité RDV tous les soirs de 19H à 22H avec "VIP" et tous les Samedis de 20H à 1H du matin avec "Sebt l7ay7a" si vous êtes sur Rabat et régions c'est sur 87.9 FM.
Et nos amis à l'etranger ???
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J'ai trop aimé un article de Myriam Jebbor paru dans le magazine "Femmes du Maroc" parlant de "Noreddine".
Voilà, je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à bientôt.
NOREDDINE KARAM, L’ONDE DE CHOC
Beaucoup ont passé leurs après-midi d’été avec lui sans savoir à quoi il ressemblait. Il y a trois mois seulement, personne n’avait entendu parler de Noreddine Karam. Présentateur radio sur une chaîne française, il a posé ses congés pour venir au bled et y rencontrer chacun d’entre nous sur les ondes de radio chaîne inter. Et nous, du coup, on a rencontré un vrai amoureux du Maroc.
Une voix chaude, un rire facile, un mélange de français et de darija, des phrases du style, “t’es amoureux ?”… En écoutant “Maroc 1”, on a découvert un type drôlement sympa, et on s’en est fait un copain. Eh oui, qui avant lui, avait essayé de nous rencontrer vraiment dans une émission radio ? Noreddine aime les gens. Aller vers l’autre pour une vraie rencontre, il ne le fait pas parce que son métier l’exige mais à l’inverse, c’est parce que ce sont des qualités intrinsèques chez lui qu’il fait ce métier et qu’il le fait si bien. Pour lui parler, il suffisait d’appeler la RTM. Et à partir de là, vous pouviez même passer en direct dans son émission, entre un morceau de musique chaâbi et des rythmes amazighes. C’est du moins ce qu’il était dit à l’antenne, mais le numéro était toujours occupé. Les cinq autres aussi. Trop d’appels. Seule solution pour obtenir une interview : aller à Rabat, au studio même. Le type à l’entrée, a vérifié notre identité, est monté à l’étage, puis est revenu : “Noreddine a dit qu’il restait une demi-heure d’antenne mais que ça lui ferait plaisir que vous montiez dans le studio plutôt que d’attendre en bas, dans la rue.” Si à l’antenne il ne passe pas inaperçu, dans une foule, on ne se retournerait pas sur son passage. Jeans large, tee-shirt long, démarche nonchalante et cheveux coupés ras. Il ne sourit pas. D’ailleurs, ceux qui le connaissent savent qu’il ne sourit que très rarement. Je lui explique que quand on l’a entendu, on est curieux de savoir à quoi il ressemble. Il demande : “Alors, déçue ?” avant d’être rappelé à l’antenne. C’est une fille qui a appelé. D’elle, il veut tout savoir : ce qu’elle fait, où elle est, avec qui elle passe l’été, et puis si elle a envie de dire un mot à quelqu’un. Il a un accent quand il parle en français, et un accent quand il parle en arabe. De ce dont certains feraient un complexe, il a fait sa force. Si, au début, l’émission devait s’adresser uniquement aux MRE, c’est raté. Ils en veulent tous. Et c’est de tout le Maroc, de Nador à Marrakech, en passant par de petits villages perdus, qu’on se manifeste. Des gens de tous les âges et de toutes les situations, des femmes mariées à de hauts fonctionnaires au simple chauffeur de taxi qui appelle rapidement de son portable. Noreddine a réalisé son rêve. C’est ce qu’il nous explique deux jours plus tard, attablé devant deux grosses crêpes au caramel et aux noix qu’il mange sans avoir faim, “juste par gourmandise”. “En fait, je voulais rentrer dans tous les foyers marocains. C’est ce que je disais aux auditeurs : je suis avec vous chez vous maintenant. Vous ne pouvez pas éteindre, ça ne se fait pas de mettre quelqu’un à la porte.” Le jeune Marocain d’origine française, comme il se définit lui-même, ne s’attendait pas à ce que tous ces gens appellent pour le supplier de ne pas repartir en France. Parce que demain, il retourne à Paris. Ce départ, ça lui met une boule, là, au ventre, mélange d’angoisse et d’amertume. Il a expliqué à ses auditeurs qu’il n’avait aucune envie d’arrêter l’émission, mais que c’était les clauses du contrat, que si on le retenait pour quelque chose de concret et d’intéressant, il resterait.A aucun moment, il n’a joué la star. D’ailleurs, ça lui plaît que les gens l’aiment à la radio, mais ne le reconnaissent pas dans la rue. De la gloire, il se moque, c’est juste que ça lui fait chaud au cœur. Il est resté le fils humble de ses parents, l’enfant de khouribga. Non seulement il n’oublie pas qu’il est “aâroubi”, mais il le revendique. Il est né dans cette petite ville puis ils ont rejoint le père travailleur dans une société de BTP en Alsace. C’était il y a longtemps, en 1972, il avait tout juste quatre ans. De cela, il ne se souvient que très vaguement. Il se rappelle avoir été enlacé par son grand-père sur un âne, dans la campagne, puis plus tard de la montée dans le train, de la traversée en bateau. A l’école de la République, on le traitait comme un français, mais à la maison, c’était le Maroc. “On mangeait el marka à la même table et dans la même assiette, à la main. Pour nous, la famille, c’était sacré.” Pas de vacances au Maroc avant qu’il n’ait neuf ans, son père préférant garder cet argent pour qu’ils soient bien habillés et qu’ils mangent correctement. Sa mère faisait des ménages pour que les fins de mois soient moins difficiles. Neuf ans donc quand il revient vers le Maroc. “C’est là que j’ai découvert mon pays. Ce n’était pas du tout comme chez nous en France. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais de n’avoir jamais eu faim.” Aujourd’hui, il est reconnaissant à ses parents d’avoir fait ce choix, qui lui a permis de décrocher un doctorat en sociologie, de travailler actuellement à la Mairie de Paris. Ça n’a pas toujours été simple, il en a conscience. A l’école française, on lui parlait d’intégration. “Mais intégration dans quoi, de quoi, contre quoi ? Moi, je voulais juste avoir un niveau scolaire tel que lorsque je me présente pour un emploi, on regarde mon CV et pas mon identité.” Il dit qu’il a eu deux seins maternels mais que “le sein français est généreux et que le sein marocain, lui, il ne donne pas grand-chose.” Malgré ça, son vrai pays, c’est le Maroc.La radio, il y est venu par passion. Sur les ondes de la radio locale strasbourgeoise, une petite fenêtre était ouverte sur le Maroc chaque dimanche, de treize à quinze heures. Dans cet espace, les Marocains de France ne se reconnaissaient pas. Il a proposé de s’occuper du répertoire musical. De tout changer. C’est le début d’une grande histoire. Il anime à présent à titre bénévole, une émission sur “Radio Soleil”, une chaîne Parisienne. Il rend hommage à la musique chaâbi même s’il a conscience de ne pas être un expert en la matière. “Avant, j’étais plutôt tourné vers le Funk ou la RNB, la musique chaâbi me faisait saigner les oreilles. Mais j’avais trop souvent vu ma mère verser une larme en l’écoutant ; je savais que cette musique parlait aux Marocains de France et c’est en voulant leur faire plaisir que j’ai appris à l’aimer.” Il est un MRE, certes, mais il n’a rien de ceux qui viennent frimer avec leurs belles voitures sur la corniche de Casablanca, il tient à le dire. “Les Marocains qui vivent au pays croient qu’il suffit d’aller de l’autre côté pour réussir. Ils se trompent. Les MRE vivent dans la misère, dans des ghettos, mais quand ils viennent là, ils prennent le Maroc pour un immense parc d’attractions et ils se pavanent pour oublier que là-bas, ils n’existent même pas !” Il l’a souligné dans son émission, que ce n’était pas forcément mieux en Europe, que ceux qui vont là-bas n’osent pas revenir parce qu’ils ne veulent pas montrer qu’ils ont échoué. A travers cette émission, mélange de morceaux musicaux purement marocains et d’interventions de ceux qui le souhaitent à l’antenne, il a réalisé que les Marocains avaient envie de parler de choses simples et vraies. Il a été touché que des hommes appellent pour dire à une femme qu’ils l’aimaient. Il dit qu’il est un médiateur, qu’il est comme tous les Marocains. Il ne voulait pas faire passer de messages, ni faire la morale. “Les Marocains en ont assez de discours tout préparés et des chansons classiques. Ils ont besoin d’une radio qui leur parle, une radio de leur temps qui se penche vers eux et soit un support d’expression, de leur expression.” Lui, il avait le trac avant chaque émission. “Le trac, mais pas peur. Je n’ai jamais eu peur à la radio.” Il réfléchit un instant, se corrige : “Si, en fait, j’avais peur d’une seule chose : de décevoir mon père. J’avais peur qu’il me trouve lourd ou vulgaire, et au contraire, j’ai vu qu’il était fier de moi. Je l’ai fait rire. Et faire rire son héros, quoi de plus merveilleux !” Et pour la première fois, il sourit. Toute sa famille était branchée sur les ondes à l’heure de son émission. Il a le sentiment aujourd’hui d’avoir réussi quelque chose de grand. “Je voulais donner aux Marocains tout ce que j’avais de bon à l’intérieur de moi.” On l’avait compris. On a un seul regret : que cela se soit arrêté avec la fin de l’été. Mais la déception est de courte durée. Trois jours après, je reçois un mail de Norddine : “Depuis mon retour en France, les choses se bousculent dans ma tête. Le Président de la radio veut me confier une quotidienne en radio et une hebdo… en télé. Du coup, je ne reprendrai plus sur Radio-Soleil et serai à Rabat après le ramadan, incha’allah. Eh oui, le rêve continue !”